Se libérer

Que rêvez-vous de faire, de vivre, de voir ? Est-ce quelque chose d’inaccessible ou de réalisable ? Qu’est ce qui vous empêche de le réaliser ? Du temps, de l’argent, de la volonté ? Pour moi j’ai compris que c’était mon corps. Dans cet article je vous partage une réflexion personnelle qui pourra peut-être vous inspirer.

J’ai toujours globalement accepté et aimé mon corps. Mais je dois avouer que ma perte de poids me rend vraiment la vie plus légère au sens figuré. Je me sens plus libre, comme un bâton en moins dans les roues… Je n’ai plus peur de rester coincée dans les tourniquets, je n’appréhende plus de casser les tabourets, je suis plus à l’aise quand je dois m’assoir dans un transport en commun à côté de quelqu’un… Et cet été j’ai volé en parapente ! Je suis super heureuse d’avoir pu le faire. Je n’aurais jamais cru ça possible le poids étant limité à 120kg, moi pesant initialement 155kg . Je rêve maintenant de sauter en parachute, ce qui m’est encore inaccessible de par mon poids.

Aujourd’hui je me rend vraiment compte à quel point j’avais pris l’habitude de composer avec mon « obésité morbide », mon poids et mon corps. Et je vois comme ça comportait des inconvénients, et comme je les avais accepté. J’étais résolue à devoir m’interdir des choses et à vivre avec une charge mentale au quotidien. Et ça me semblait complètement normal.

Le monde n’est pas inclusif

C’est injuste mais le monde n’est pas fait pour les gens qui sortent de la norme. On doit tout le temps faire attention, s’adapter, demander si nous pouvons accéder aux même endroits que les autres, si il y aura assez de place, si il faut utiliser une rallonge de ceinture… Quelque part c’est une sorte de handicap:

« On attendait la décision de la Cour européenne de justice. Elle vient de trancher : l’obésité morbide, soit un IMC supérieur à 40, peut être considérée comme un handicap si elle rend difficile la participation à la vie professionnelle. 20 juillet 2014 • Par L’AFP pour Handicap.fr »

Alors je n’imagine même pas à quel point le monde n’est pas adapté aux personnes mal voyantes ou mal entendantes, en fauteuil roulant…Quand on est différent, il faut s’adapter car ce n’est pas le monde qui le fera.

Dans ma transformation, c’est comme si mon « handicap » s’amenuisait petit à petit. Comme quand on est malade, sans énergie, et qu’un jour après l’autre on commence à récupérer. On se rend compte que tout devient plus facile, on réalise la chance qu’on a de simplement être en vie et en bonne santé. C’est souvent quand on perd ou qu’on retrouve quelque chose qu’on réalise son importance. Je suis vraiment en plein dans cette prise de conscience.

Pour l’instant j’ai la chance de réussir à perdre du poids sainement, sans frustration et relativement rapidement. Bien que je ne sache pas ce que l’avenir me réserve, je suis déjà reconnaissante. Même si tout devait s’arrêter aujourd’hui, si je devais rester à 107kg, ou même reprendre tout mon poids. Le corps change tout au long de notre vie. Je profite déjà beaucoup de ce que la vie peut m’apporter aujourd’hui. Ne serait-ce que pour le parapente…Parce que c’est bien ça mon moteur : profiter de la vie pleinement. Pouvoir faire tout ce dont j’ai envie, sans avoir à me dire que mon corps, mon ami pour la vie, m’en empêche.

Essayer de comprendre les autres

Je suis convaincue que l’individualité et la différence sont non seulement magnifiques mais aussi essentielles ! Je suis pour un monde inclusif, pour une beauté multiple et pour le respect et la reconnaissance de chaque personne. Je rêve qu’on puisse être gros, très grand, dans l’incapacité de marcher ou de parler, et d’avoir accès aux mêmes droits, choix et activités que tout le monde. Sans ressentir qu’on est à part.

Mais aujourd’hui alors que je commence à apercevoir le monde des gens « dans la norme », je dois me rendre à l’évidence que bien que ça soi quelque chose qui est difficile à dire et à entendre: c’est plus facile de ne pas être gros. C’est plus facile de ne pas être trop différent. Je pense vraiment que les gens qui ont une morphologie dite « normale » et de bonnes capacités physiques on la vie plus facile. Et forcément, ils ne s’en rendent pas compte pour la plus part, car il n’ont jamais été obèse. On ne réalise pas vraiment les difficultés des autres sans les avoir vécu de près ou de loin.
J’irais même jusqu’à dire qu’on ne nous regarde pas avec la même bienveillance, qu’on ne nous traite pas aussi bien. Il a plein d’aprioris sur les gens différents. Souvent à un entretient d’embauche, une personne obèse sera étiquetée flemmarde, molle, sans ambition. L’image ou les capacités sont la vitrine sociale. Je vois déjà certaines personnes se comporter différemment depuis que j’ai perdu plus de 40kg.

Alors si je ne devais retirer qu’une chose de cette expérience, c’est de toujours combattre les préjugés, d’essayer d’être plus à l’écoute des besoins des autres, et de profiter le plus possible d’être en bonne santé.

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